Un bien mauvais accueil
Posté : mar. 22 nov., 2011 8:08 pm
Comté de l’Or bruissait de son traditionnel tintamarre. Dans les rues, de bien mauvais duels opposaient mercenaires avinés et parias en tous genres, dans un concert de billevesées ordurières qui expliquait l’absence des honnêtes gens sur la place du village, ces derniers s’étant depuis bien longtemps calfeutrés dans leurs tranquilles habitations.
La Fierté du Lion n’échappait pas à cette ambiance délétère. Là, une masse improbable de clients qui n’avaient en commun que leur amour du mauvais vin et de la bière tiède. L’atmosphère était chargée d’une fumée âcre à laquelle se mêlaient la sueur et le graillon, ce qui ne semblait pas gêner les habitués, occupés qu’ils étaient à se mêler des conversations de leurs voisins et à haranguer la foule des indifférents en extirpant telle ou telle faribole de leur chapeau.
Dans cette ambiance qui ne pouvait que révulser l’homme de goût et satisfaire le voyageur à la recherche d’un prudent incognito, un homme sortait du lot. Sa peau était mate, presque tannée, probablement à la suite d’une vie d’exposition à un soleil implacable, ce qui devait expliquer les nombreuses couches de tissu clair qu’il portait. L’ordonnancement complexe des drapés qui constituaient son habillement semblait avoir pour vocation de protéger la moindre parcelle de peau du soleil sans pour autant entraver ses mouvements. L’homme venait de loin, et était arrivé de nuit dans le bourg, montant un cheval d’une rare élégance. Sa bourse bien fournie lui avait assuré l’obtention d’une chambre parmi les moins crasseuses de l’établissement, mais ne lui épargnait pas, à présent que la journée battait son plein, la promiscuité de ses nombreux – et bruyants – clients.
Un brin désorienté par le tapage dont la grande salle faisait l’objet, visiblement peu au fait des coutumes et traditions des gens de cet étrange pays, l’homme chercha l’aubergiste qui l’avait accueilli la veille puis, en désespoir de cause, décida de s’installer non loin du comptoir. Sa demande de thé suscita l’hilarité de ses voisins, et c’est un peu piteux qu’il se retrouva devant un gobelet d’eau chaude dans lequel trempait un peu de basilic, de menthe et de fenouil. Soupirant, il s’appliqua à consommer la boisson afin de ne pas froisser les autochtones, tout en espérant que le sort finirait par le conduire à quelqu’un qui serait à même d’écouter son histoire. Un espoir qui devait rapidement s’envoler, à la vitesse d’un œuf pourri qui, moqueur, atterrit sur son épaule dans un bruit spongieux qui lança une vague de rires grossiers dans les rangs des clients. Piteux, l'étranger constata les dégâts sur son bel habit, mais ne répondit pas à la provocation et retourna à son eau chaude, sans voir se lever un colosse rougeaud dont les intentions semblaient tout sauf celles d’un gentilhomme...
La Fierté du Lion n’échappait pas à cette ambiance délétère. Là, une masse improbable de clients qui n’avaient en commun que leur amour du mauvais vin et de la bière tiède. L’atmosphère était chargée d’une fumée âcre à laquelle se mêlaient la sueur et le graillon, ce qui ne semblait pas gêner les habitués, occupés qu’ils étaient à se mêler des conversations de leurs voisins et à haranguer la foule des indifférents en extirpant telle ou telle faribole de leur chapeau.
Dans cette ambiance qui ne pouvait que révulser l’homme de goût et satisfaire le voyageur à la recherche d’un prudent incognito, un homme sortait du lot. Sa peau était mate, presque tannée, probablement à la suite d’une vie d’exposition à un soleil implacable, ce qui devait expliquer les nombreuses couches de tissu clair qu’il portait. L’ordonnancement complexe des drapés qui constituaient son habillement semblait avoir pour vocation de protéger la moindre parcelle de peau du soleil sans pour autant entraver ses mouvements. L’homme venait de loin, et était arrivé de nuit dans le bourg, montant un cheval d’une rare élégance. Sa bourse bien fournie lui avait assuré l’obtention d’une chambre parmi les moins crasseuses de l’établissement, mais ne lui épargnait pas, à présent que la journée battait son plein, la promiscuité de ses nombreux – et bruyants – clients.
Un brin désorienté par le tapage dont la grande salle faisait l’objet, visiblement peu au fait des coutumes et traditions des gens de cet étrange pays, l’homme chercha l’aubergiste qui l’avait accueilli la veille puis, en désespoir de cause, décida de s’installer non loin du comptoir. Sa demande de thé suscita l’hilarité de ses voisins, et c’est un peu piteux qu’il se retrouva devant un gobelet d’eau chaude dans lequel trempait un peu de basilic, de menthe et de fenouil. Soupirant, il s’appliqua à consommer la boisson afin de ne pas froisser les autochtones, tout en espérant que le sort finirait par le conduire à quelqu’un qui serait à même d’écouter son histoire. Un espoir qui devait rapidement s’envoler, à la vitesse d’un œuf pourri qui, moqueur, atterrit sur son épaule dans un bruit spongieux qui lança une vague de rires grossiers dans les rangs des clients. Piteux, l'étranger constata les dégâts sur son bel habit, mais ne répondit pas à la provocation et retourna à son eau chaude, sans voir se lever un colosse rougeaud dont les intentions semblaient tout sauf celles d’un gentilhomme...