["Alieno Tempore"] Ch III :"In fine"
Posté : jeu. 18 juil., 2013 11:32 am
Cycle "Alieno Tempore"
Chapitre I : "Mon nom est Freckles"
Chapitre II : "Correspondances"
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Extraits du journal de Freckles
On m'appelle Freckles.
Mais ce n'est pas mon vrai nom.
Mon véritable patronyme se perd et n'a plus vraiment de signification. Je ne suis plus cette jeune fille et je ne le deviendrais plus désormais. Les miens sont morts. Ont-ils seulement jamais existé ? Le temps peut-être réécrit. Il le peut et il l'a été. Dans sa sa grande cruauté ou son ironie, il m'a laissé comme seule souvenir de ce que mon monde fut, ou risqua d'être, selon le point de vue. Je suis jeune, j'ai 18 ans. Et pourtant je suis une antiquité.
Le Temps m'a transformée.
Le Temps.
Autrefois, pour moi, il fut court, d'une intensité tel que peu le comprenne : chaque minute, chaque seconde était à savourer. Nous pouvions mourir à tout instant. Mourir et se relever.
Il fut l'espoir, l'espoir de changement, de salut.
Il fut également dépit et tristesse.
Le temps est et fut mystère.
Et à présent je le trouve si long, si routinier qu'il m'a laissé croire au confort de ma position. Il m'a laissé croire que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve, que je pouvais oublier la raison de mon voyage.
Voilà presque un an que je suis le valet de pied de la Connétable Aurys de Nor laedro. Cette dernière est toujours en vie. Elle ressemble assez peu aux souvenir que j'en avais, cependant les images résiduelles de l’enfance sont toujours sujettes à caution. Je me suis montrée discrète et prudente, au cas où la Dame de Sangre ferait une enquête de routine sur ma personne. Mon inquiétude s’est avérée infondée où du moins n'ai-je jamais eu à subir les conséquence de la méfiance naturelle du Dragon Roux. Je fus amenée à comprendre par la suite que pour une raison obscure, le Chambellan se méfiait d'avantage de la Connétable que du reste de ses hommes. Elle l'avait fait mettre sous surveillance constante, ce qui m'incluait par défaut - et me laissait croire à ma parfaite insignifiance. Néanmoins, Aurys était maligne et savait parfaitement se ménager des instants d'intimité secrète qui devaient faire rager l'auguste Baronne.
La Baronne de Sangre, le Dragon Roux, Lomah.
J'ai un esprit cartésien. Mes raisonnements sont logiques, fondés sur l'observation. Mais je ne peux pas évoquer cette femme sans laisser une poignée de sentiments confus me troubler. Je ne peux même pas les confier au papier sans devoir bruler ensuite les quelques lignes que j'aurais écrite.
Elle souffre.
Elle souffre sans discontinuer et de manière croissante depuis un an. L'Anomalie puise en elle jusqu’à sa dernière goutte d'énergie, elle se nourrit de la probabilité que la Baronne soit enceinte et accouche, du fils de Kothran Merath, Gabriel. Je dirais pour un néophyte que les entrailles du Chambellan abrite un vortex temporel instable qui alimente comme une pile électrique gnome l'Anomalie qui jusque là n'avait fait que picorer les résidus temporels qui accompagnent chaque Voyageur du temps, même ponctuel. Malgré tout, malgré l'épuisement, cette femme parvient à jouer son rôle avec constance celui d'une femme détestable, hautaine, à la langue cuisante comme la morsure du fouet, usant et abusant de son post haut placé et de ses charmes. Ses sauts d'humeurs, devenus légendaires, n'ont éveillé les soupçons de personnes, outre son compagnon : Kothran Merath.
Le Lieutenant Merath est actuellement, avec la Connétable, le seul à connaitre mon identité. Ce n'est pas le meilleur allié qui soit, mais c'est le seul que j'ai. C’est un homme simple, pour ne pas dire limité, au tempérament soupe-au-lait. Ce qu'il en comprends pas, il l'affronte avec violence. Pourtant les sentiments qu'il éprouve pour la Baronne sont réels et profonds. Comme ceux qu'il démontre envers sa fille unique : Karin, qu'il a adoptée.
Lors de notre dernier entretien, il m'a fait valoir que Lomah était malade, qu’elle avait tous les symptômes d’une grossesse sans les attributs physiques allant avec. J'ai eu grand peine à lui expliquer les causes du mal. C'était il y'a près de deux mois et nous étions approximativement au termes de la grossesse de la Baronne. Si actuellement elle continue de vivre, et la potentialité de voir naitre Gabriel avec, c'est sans doute -et ce n'est qu'un hypothèse- à cause de la structure particulière de son anatomie : posséder un noyaux d'élémentaire à la place du cœur vous offre une plus grande résistance et un pouvoir de régénération bien plus efficace. Mais pas illimité, hélas. Et la mort lente du Dragon Roux est toujours d'actualité, du moins tant que nous n'aurons pas solutionné le problème de "l’Anomalie".
J'ai pu repérer l'Anomalie assez rapidement. Étant moi même une anomalie temporelle, il m'a été facile de la "ressentir". Cependant en scientifique je ne me base pas sur de simple "ressentis". Il me fallait des preuves. J'ai mis cette année à profit pour tenir un cahier d'observations. Et a ma grande surprise, je suis étonnée que personne n'ait remarqué cette évidence :
Samaëlle Edenholme et Saewelune Edenholme partagent plus que le même patronyme : elles sont physiquement identiques et occupent le même point temporel mais leur occurrence est absolument impossible. On ne les verra jamais ensemble dans la même pièce : l'incongruité de leur présence côte à côte dégage une énergie répulsive qui les font s'éloigner l'une de l'autre à l'image de deux têtes d’aimant mises face à face.
Cependant ma présence ayant chamboulé le temps en créant deux trames de futurs coexistants, plongeant notre temporalité dans une sorte de bulle où plusieurs probabilités se développent en même temps, la force de cette énergie répulsive a tendance à s’amoindrir jusqu’à , selon mes calculs, disparaitre.
Le résultat de la prise de conscience physique l'une de l'autre des deux Edenholme aboutirait à un trou noir temporel qui aspirerait tout ce qui se trouve dans la zone de cette bulle. Bulle dont je suis manifestement l'épicentre.
Le Lieutenant Merath souhaite supprimer l'une, voir les deux femmes. Mais je ne suis pas certaine que cela ne déclenchera pas la création de ce trou noir. Et je ne vois pas de solutions transversale.
Entre autre, se pose la question de ma propre présence. Alors que j'ai jusqu’ici été toujours prête à mourir pour ma mission, cette année a fait fleurir une langueur, une envie de vivre paisiblement que je ne croyais plus jamais voir bourgeonner. Les grands desseins auxquels m'associe actuellement la Connétable m'ont offert un but constructif à atteindre auquel j'ai du mal à présent à renoncer.
Dois-je mourir pour le Temps ?
Je n'ai plus d'existence plausible, mais pourtant mon cœur bat, mon sang pulse dans mes veines, mes poumons se gorgent d’oxygène comme tous ces badauds, ces soldats, ces paysans, ces âmes multiples qui peuplent cet Azeroth.
Dois-je mourir pour le Temps après tout ce que j'ai sacrifié pour lui ?
Lomah de Sangre quand à elle est toujours maintenue dans l'ignorance et se consume tout doucement...
Une vie contre une vie.
Avec Gabriel.
Je ne fais pas le poids.
Chapitre I : "Mon nom est Freckles"
Chapitre II : "Correspondances"
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Extraits du journal de Freckles
On m'appelle Freckles.
Mais ce n'est pas mon vrai nom.
Mon véritable patronyme se perd et n'a plus vraiment de signification. Je ne suis plus cette jeune fille et je ne le deviendrais plus désormais. Les miens sont morts. Ont-ils seulement jamais existé ? Le temps peut-être réécrit. Il le peut et il l'a été. Dans sa sa grande cruauté ou son ironie, il m'a laissé comme seule souvenir de ce que mon monde fut, ou risqua d'être, selon le point de vue. Je suis jeune, j'ai 18 ans. Et pourtant je suis une antiquité.
Le Temps m'a transformée.
Le Temps.
Autrefois, pour moi, il fut court, d'une intensité tel que peu le comprenne : chaque minute, chaque seconde était à savourer. Nous pouvions mourir à tout instant. Mourir et se relever.
Il fut l'espoir, l'espoir de changement, de salut.
Il fut également dépit et tristesse.
Le temps est et fut mystère.
Et à présent je le trouve si long, si routinier qu'il m'a laissé croire au confort de ma position. Il m'a laissé croire que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve, que je pouvais oublier la raison de mon voyage.
Voilà presque un an que je suis le valet de pied de la Connétable Aurys de Nor laedro. Cette dernière est toujours en vie. Elle ressemble assez peu aux souvenir que j'en avais, cependant les images résiduelles de l’enfance sont toujours sujettes à caution. Je me suis montrée discrète et prudente, au cas où la Dame de Sangre ferait une enquête de routine sur ma personne. Mon inquiétude s’est avérée infondée où du moins n'ai-je jamais eu à subir les conséquence de la méfiance naturelle du Dragon Roux. Je fus amenée à comprendre par la suite que pour une raison obscure, le Chambellan se méfiait d'avantage de la Connétable que du reste de ses hommes. Elle l'avait fait mettre sous surveillance constante, ce qui m'incluait par défaut - et me laissait croire à ma parfaite insignifiance. Néanmoins, Aurys était maligne et savait parfaitement se ménager des instants d'intimité secrète qui devaient faire rager l'auguste Baronne.
La Baronne de Sangre, le Dragon Roux, Lomah.
J'ai un esprit cartésien. Mes raisonnements sont logiques, fondés sur l'observation. Mais je ne peux pas évoquer cette femme sans laisser une poignée de sentiments confus me troubler. Je ne peux même pas les confier au papier sans devoir bruler ensuite les quelques lignes que j'aurais écrite.
Elle souffre.
Elle souffre sans discontinuer et de manière croissante depuis un an. L'Anomalie puise en elle jusqu’à sa dernière goutte d'énergie, elle se nourrit de la probabilité que la Baronne soit enceinte et accouche, du fils de Kothran Merath, Gabriel. Je dirais pour un néophyte que les entrailles du Chambellan abrite un vortex temporel instable qui alimente comme une pile électrique gnome l'Anomalie qui jusque là n'avait fait que picorer les résidus temporels qui accompagnent chaque Voyageur du temps, même ponctuel. Malgré tout, malgré l'épuisement, cette femme parvient à jouer son rôle avec constance celui d'une femme détestable, hautaine, à la langue cuisante comme la morsure du fouet, usant et abusant de son post haut placé et de ses charmes. Ses sauts d'humeurs, devenus légendaires, n'ont éveillé les soupçons de personnes, outre son compagnon : Kothran Merath.
Le Lieutenant Merath est actuellement, avec la Connétable, le seul à connaitre mon identité. Ce n'est pas le meilleur allié qui soit, mais c'est le seul que j'ai. C’est un homme simple, pour ne pas dire limité, au tempérament soupe-au-lait. Ce qu'il en comprends pas, il l'affronte avec violence. Pourtant les sentiments qu'il éprouve pour la Baronne sont réels et profonds. Comme ceux qu'il démontre envers sa fille unique : Karin, qu'il a adoptée.
Lors de notre dernier entretien, il m'a fait valoir que Lomah était malade, qu’elle avait tous les symptômes d’une grossesse sans les attributs physiques allant avec. J'ai eu grand peine à lui expliquer les causes du mal. C'était il y'a près de deux mois et nous étions approximativement au termes de la grossesse de la Baronne. Si actuellement elle continue de vivre, et la potentialité de voir naitre Gabriel avec, c'est sans doute -et ce n'est qu'un hypothèse- à cause de la structure particulière de son anatomie : posséder un noyaux d'élémentaire à la place du cœur vous offre une plus grande résistance et un pouvoir de régénération bien plus efficace. Mais pas illimité, hélas. Et la mort lente du Dragon Roux est toujours d'actualité, du moins tant que nous n'aurons pas solutionné le problème de "l’Anomalie".
J'ai pu repérer l'Anomalie assez rapidement. Étant moi même une anomalie temporelle, il m'a été facile de la "ressentir". Cependant en scientifique je ne me base pas sur de simple "ressentis". Il me fallait des preuves. J'ai mis cette année à profit pour tenir un cahier d'observations. Et a ma grande surprise, je suis étonnée que personne n'ait remarqué cette évidence :
Samaëlle Edenholme et Saewelune Edenholme partagent plus que le même patronyme : elles sont physiquement identiques et occupent le même point temporel mais leur occurrence est absolument impossible. On ne les verra jamais ensemble dans la même pièce : l'incongruité de leur présence côte à côte dégage une énergie répulsive qui les font s'éloigner l'une de l'autre à l'image de deux têtes d’aimant mises face à face.
Cependant ma présence ayant chamboulé le temps en créant deux trames de futurs coexistants, plongeant notre temporalité dans une sorte de bulle où plusieurs probabilités se développent en même temps, la force de cette énergie répulsive a tendance à s’amoindrir jusqu’à , selon mes calculs, disparaitre.
Le résultat de la prise de conscience physique l'une de l'autre des deux Edenholme aboutirait à un trou noir temporel qui aspirerait tout ce qui se trouve dans la zone de cette bulle. Bulle dont je suis manifestement l'épicentre.
Le Lieutenant Merath souhaite supprimer l'une, voir les deux femmes. Mais je ne suis pas certaine que cela ne déclenchera pas la création de ce trou noir. Et je ne vois pas de solutions transversale.
Entre autre, se pose la question de ma propre présence. Alors que j'ai jusqu’ici été toujours prête à mourir pour ma mission, cette année a fait fleurir une langueur, une envie de vivre paisiblement que je ne croyais plus jamais voir bourgeonner. Les grands desseins auxquels m'associe actuellement la Connétable m'ont offert un but constructif à atteindre auquel j'ai du mal à présent à renoncer.
Dois-je mourir pour le Temps ?
Je n'ai plus d'existence plausible, mais pourtant mon cœur bat, mon sang pulse dans mes veines, mes poumons se gorgent d’oxygène comme tous ces badauds, ces soldats, ces paysans, ces âmes multiples qui peuplent cet Azeroth.
Dois-je mourir pour le Temps après tout ce que j'ai sacrifié pour lui ?
Lomah de Sangre quand à elle est toujours maintenue dans l'ignorance et se consume tout doucement...
Une vie contre une vie.
Avec Gabriel.
Je ne fais pas le poids.