[Candidature acceptée] Harkin Hache-Fantôme
Posté : dim. 10 juil., 2016 1:17 pm
La pluie tombait dru en ce début de soirée. L’eau ruisselait sur les feuilles des arbres de la forêt d’Elwynn dans un bruissement diffus. Le chemin qui partait de Comté-de-l ’or et se dirigeait vers la Marche de l’Ouest risquait de se transformer doucement mais sûrement en bourbier, sous l’effet de la pluie qui semblait s’intensifier à mesure que le nain et sa monture progressaient lentement.
Harkin leva les yeux vers le ciel sombre. La pluie lui éclaboussa largement le visage, dégoulinant dans sa barbe et ses cheveux, qui n’étaient plus protégés par sa capuche. Aucune étoile. Juste la pluie. Harkin secoua la tête, et se reconcentra vaguement sur la route. Machinalement, il palpa la sacoche qui pendait à sa ceinture. Le pli était toujours là. Harkin avait répété ce geste pendant tout son voyage des Maleterres jusqu’à Hurlevent ; c’était une habitude qu’il avait pris depuis qu’il avait commencé à jouer aux messagers, quelques années auparavant. Ça lui portait chance, et le rassurait en même temps. Et dans ce cas, précis, il n’aimerait pas avoir à annoncer à la Croisade d’Argent qu’il avait…..égaré leur si important pli à destination de Baie-du-Butin. Harkin était assez admiratif de ces gens, qui combattaient les morts-vivants avec tant d’ardeur. Ils sauvaient le monde, et les vieux royaumes du Nord. Et lui...Il jouait les messagers depuis des années, apportant courriers et colis entre les villes naines, de Dun Morogh aux Hinterlands en passant par le Loch Modan. Il n’avait étendu ses trajets qu’assez récemment ; d’où sa présence dans le vieux royaume humain déchu qui s’appelait désormais les Maleterres. Mais cela restait un simple travail de messager. Même si de temps à autres bêtes sauvages et bandits avaient tentés de l’intercepter, tout comme quelques morts vivants qu'il avait put maîtriser, ces rencontres n’avaient que peu de points communs avec les guerres qui se livraient un peu partout en Azeroth.....ou ailleurs. La plus grande bataille qu'il avait vécu était l'expédition punitive menée par les Montagnards face au Marteau du Crépuscule au Loch Modan. Au final, il n’était qu’un nain parmi les autres, un minuscule insecte dans le tourbillon du monde. Et Harkin n'était plus sûr que cela lui convienne.
Quoiqu’il en soit, il aurait peut-être dû s’arrêter à Comté-de-l ‘or. Il ne connaissait pas bien cette région, et il avait perdu un temps fou dans Hurlevent, à fendre la foule, demander son chemin, esquiver les demandes pressantes des mendiants et des commerçants, contourner les charrettes de livraison. Il avait atteint les portes de la ville en toute fin d’après-midi, et Comté-de-l’ or peu de temps après, mais il avait choisi de poursuivre plus avant, afin de combler son retard. Il commençait à le regretter ; la nuit s’annonçait longue, sombre, et pluvieuse.
Comme s’il avait deviné les pensées de son cavalier, le bélier qui portait Harkin s’arrêta, et tourna la tête vers la gauche ; ce qui tira Harkin de ses pensées. Le nain se secoua, faisant tomber des trombes d’eau de son manteau, et talonna légèrement sa monture, qui reprit sa route, suivant la route au mieux. Toutefois, quelques instants plus tard, le bélier s’arrêta derechef. Cette fois-ci, Harkin resta immobile, glissant simplement sa main gauche vers sa hache, attentif au moindre bruit. Malheureusement, le bruissement de la pluie recouvrait tout. Il n’y avait probablement rien qui…..
Crac
Sans réfléchir, Harkin éperonna son bélier, qui bondit en avant. Plusieurs formes sombres apparurent soudainement devant lui. Des humains. L’un semblait avoir une lance. Derrière le nain, des vociférations se faisaient entendre. Inutile d’en savoir plus, ils étaient plusieurs, et ils en voulaient au nain.
- Allez, Yarrh ! Yarrh !
Harkin éperonna derechef son bélier. Si ces humains avaient deux sous de jugeote, ils se pousseraient. Le bélier parcourra la distance en quelques secondes….mais les humains ne bougèrent pas. Le lancier agita son arme, et le bélier freina des quatre sabots, avant de refluer, puis de se cabrer alors que l’humain enfonçait son arme dans le poitrail de l’animal. Harkin lâcha prise, s’écrasant lourdement contre les pavés boueux de la route. Le petit coffret de bois qu’il portait sur son dos accentua les effets de la chute. Il jura tout en rampant pour se remettre debout.
- Rodidjuuuuuuuuuuu !
Il n’aurait pas le temps ! Ses assaillants seraient sur lui dans quelques secondes, pas assez pour qu’il puisse se préparer à quoi que ce soit.
- *clong* UUUUURGH !
- ATTENTION !
En se relevant, Harkin eut juste le temps (et l’agréable surprise) de voir un des humains être expédié à quelques mètres, par un coup de sabot de sa monture, tandis que le lancier était envoyé au loin d’un puissant coup de tête de la bête, paniquée par sa blessure. La lance s’agitait en cadence avec les soubresauts de l’animal, qui finit par se mettre à courir, au grand galop, et disparaître dans la nuit.
- Aaaaaah ! CHIER ! LE NAIN ! ON LE CHOPPE ! ALLEZ !
Harkin se retourna. Deux autres bandits s’approchaient. C’était l’un d’entre eux qui avait fait échouer l’embuscade, et ils se précipitaient maintenant vers Harkin à toute vitesse. L’un n’avait qu’un simple gourdin, un reflet métallique persuada Harkin que l’autre était plus dangereux. Ils n’avaient pas l’intention de discuter, il fallait agir ; ou plutôt réagir.
Et Harkin réagit.
La main du nain vola vers le coffret de boit, attrapant une hache de lancer. Son bras se détendit, projetant la hache vers l’un des assaillants. Les combattants s’étaient bien rapprochés, si bien qu’Harkin distingua (ou crut distinguer) l’horreur sur le visage du bandit qui voyait le projectile mortel lui arriver droit dessus. Un battement de cœur plus tard, la hache se logeait dans la poitrine de l’humain avec un bruit d’os brisé. Un battement de cœur supplémentaire, et le second bandit heurtait Harkin à toute vitesse. Le nain et l’humain roulèrent tous deux au sol, et Harkin sentit le gout du sang dans sa bouche. Il n’avait pas eu le temps de parer le coup de gourdin, et l’humain était sur lui, en train de le larder de coups. Toutefois, ses coups manquaient de force, et, malgré la pénombre, Harkin put voir que le pauvre type était blême, émacié, et il reprit courage. Profitant que l’humain reprenait son souffle, il lui asséna un uppercut qui l’envoya valser en arrière. Harkin ne perdit pas de temps, et en profita pour se relever. Expédiant un coup de pied au passage au bandit, il se précipita vers l’autre cadavre, et en arracha la hache, avant de se retourner, prêt à en découdre à nouveau.
Malheureusement, ce n’était pas un, mais 3 adversaires qu’il avait face à lui. Les deux autres bandits, bien que mis à mal par le bélier, avaient repris leurs esprits. Harkin n’insista pas, et fila à toutes jambes, quittant la route, fuyant les 3 rescapés.
Harkin courut de longues minutes dans les bois. Apparemment, personne ne l’avait suivi. Ses poursuivants avaient problèmes du se jeter sur le cadavre de leur comparse. Le nain s’arrêta, s’appuya contre un tronc, et porta la main à sa tempe. Du sang. Ces brigands ne l’avaient pas loupé. Il vérifia sa sacoche. La lettre de la Croisade d’Argent était intacte, ou presque. Harkin tâtonna ensuite dans son manteau, avant d’en extirper des bandelettes de lins, et de s’en faire un pansement grossier. Ses mains tremblaient légèrement. Le froid, ou l’excitation ? La peur peut être ? Difficile à dire. Il reprit son souffle, puis sa marche à travers la forêt, butant contre les racines, effrayant les petits animaux des bois. Il avait toujours sa hache de lancer ensanglantée à la main, et était déterminé à s’en servir au besoin.
Une lumière attira son attention, à travers les arbres. Des feux. Un camp ! Non……Une garnison ! Harkin s’approcha à pas précautionneux. C’était un fort humain, sans aucun doute. Avec un peu de chance, peut être auraient-ils vu la monture d’Harkin... et il serait à l’abri de la pluie et des voleurs ! Il sortit du bois, emprunta le chemin, et, sous la pluie battante, tâcha d’apercevoir une sentinelle.
Harkin leva les yeux vers le ciel sombre. La pluie lui éclaboussa largement le visage, dégoulinant dans sa barbe et ses cheveux, qui n’étaient plus protégés par sa capuche. Aucune étoile. Juste la pluie. Harkin secoua la tête, et se reconcentra vaguement sur la route. Machinalement, il palpa la sacoche qui pendait à sa ceinture. Le pli était toujours là. Harkin avait répété ce geste pendant tout son voyage des Maleterres jusqu’à Hurlevent ; c’était une habitude qu’il avait pris depuis qu’il avait commencé à jouer aux messagers, quelques années auparavant. Ça lui portait chance, et le rassurait en même temps. Et dans ce cas, précis, il n’aimerait pas avoir à annoncer à la Croisade d’Argent qu’il avait…..égaré leur si important pli à destination de Baie-du-Butin. Harkin était assez admiratif de ces gens, qui combattaient les morts-vivants avec tant d’ardeur. Ils sauvaient le monde, et les vieux royaumes du Nord. Et lui...Il jouait les messagers depuis des années, apportant courriers et colis entre les villes naines, de Dun Morogh aux Hinterlands en passant par le Loch Modan. Il n’avait étendu ses trajets qu’assez récemment ; d’où sa présence dans le vieux royaume humain déchu qui s’appelait désormais les Maleterres. Mais cela restait un simple travail de messager. Même si de temps à autres bêtes sauvages et bandits avaient tentés de l’intercepter, tout comme quelques morts vivants qu'il avait put maîtriser, ces rencontres n’avaient que peu de points communs avec les guerres qui se livraient un peu partout en Azeroth.....ou ailleurs. La plus grande bataille qu'il avait vécu était l'expédition punitive menée par les Montagnards face au Marteau du Crépuscule au Loch Modan. Au final, il n’était qu’un nain parmi les autres, un minuscule insecte dans le tourbillon du monde. Et Harkin n'était plus sûr que cela lui convienne.
Quoiqu’il en soit, il aurait peut-être dû s’arrêter à Comté-de-l ‘or. Il ne connaissait pas bien cette région, et il avait perdu un temps fou dans Hurlevent, à fendre la foule, demander son chemin, esquiver les demandes pressantes des mendiants et des commerçants, contourner les charrettes de livraison. Il avait atteint les portes de la ville en toute fin d’après-midi, et Comté-de-l’ or peu de temps après, mais il avait choisi de poursuivre plus avant, afin de combler son retard. Il commençait à le regretter ; la nuit s’annonçait longue, sombre, et pluvieuse.
Comme s’il avait deviné les pensées de son cavalier, le bélier qui portait Harkin s’arrêta, et tourna la tête vers la gauche ; ce qui tira Harkin de ses pensées. Le nain se secoua, faisant tomber des trombes d’eau de son manteau, et talonna légèrement sa monture, qui reprit sa route, suivant la route au mieux. Toutefois, quelques instants plus tard, le bélier s’arrêta derechef. Cette fois-ci, Harkin resta immobile, glissant simplement sa main gauche vers sa hache, attentif au moindre bruit. Malheureusement, le bruissement de la pluie recouvrait tout. Il n’y avait probablement rien qui…..
Crac
Sans réfléchir, Harkin éperonna son bélier, qui bondit en avant. Plusieurs formes sombres apparurent soudainement devant lui. Des humains. L’un semblait avoir une lance. Derrière le nain, des vociférations se faisaient entendre. Inutile d’en savoir plus, ils étaient plusieurs, et ils en voulaient au nain.
- Allez, Yarrh ! Yarrh !
Harkin éperonna derechef son bélier. Si ces humains avaient deux sous de jugeote, ils se pousseraient. Le bélier parcourra la distance en quelques secondes….mais les humains ne bougèrent pas. Le lancier agita son arme, et le bélier freina des quatre sabots, avant de refluer, puis de se cabrer alors que l’humain enfonçait son arme dans le poitrail de l’animal. Harkin lâcha prise, s’écrasant lourdement contre les pavés boueux de la route. Le petit coffret de bois qu’il portait sur son dos accentua les effets de la chute. Il jura tout en rampant pour se remettre debout.
- Rodidjuuuuuuuuuuu !
Il n’aurait pas le temps ! Ses assaillants seraient sur lui dans quelques secondes, pas assez pour qu’il puisse se préparer à quoi que ce soit.
- *clong* UUUUURGH !
- ATTENTION !
En se relevant, Harkin eut juste le temps (et l’agréable surprise) de voir un des humains être expédié à quelques mètres, par un coup de sabot de sa monture, tandis que le lancier était envoyé au loin d’un puissant coup de tête de la bête, paniquée par sa blessure. La lance s’agitait en cadence avec les soubresauts de l’animal, qui finit par se mettre à courir, au grand galop, et disparaître dans la nuit.
- Aaaaaah ! CHIER ! LE NAIN ! ON LE CHOPPE ! ALLEZ !
Harkin se retourna. Deux autres bandits s’approchaient. C’était l’un d’entre eux qui avait fait échouer l’embuscade, et ils se précipitaient maintenant vers Harkin à toute vitesse. L’un n’avait qu’un simple gourdin, un reflet métallique persuada Harkin que l’autre était plus dangereux. Ils n’avaient pas l’intention de discuter, il fallait agir ; ou plutôt réagir.
Et Harkin réagit.
La main du nain vola vers le coffret de boit, attrapant une hache de lancer. Son bras se détendit, projetant la hache vers l’un des assaillants. Les combattants s’étaient bien rapprochés, si bien qu’Harkin distingua (ou crut distinguer) l’horreur sur le visage du bandit qui voyait le projectile mortel lui arriver droit dessus. Un battement de cœur plus tard, la hache se logeait dans la poitrine de l’humain avec un bruit d’os brisé. Un battement de cœur supplémentaire, et le second bandit heurtait Harkin à toute vitesse. Le nain et l’humain roulèrent tous deux au sol, et Harkin sentit le gout du sang dans sa bouche. Il n’avait pas eu le temps de parer le coup de gourdin, et l’humain était sur lui, en train de le larder de coups. Toutefois, ses coups manquaient de force, et, malgré la pénombre, Harkin put voir que le pauvre type était blême, émacié, et il reprit courage. Profitant que l’humain reprenait son souffle, il lui asséna un uppercut qui l’envoya valser en arrière. Harkin ne perdit pas de temps, et en profita pour se relever. Expédiant un coup de pied au passage au bandit, il se précipita vers l’autre cadavre, et en arracha la hache, avant de se retourner, prêt à en découdre à nouveau.
Malheureusement, ce n’était pas un, mais 3 adversaires qu’il avait face à lui. Les deux autres bandits, bien que mis à mal par le bélier, avaient repris leurs esprits. Harkin n’insista pas, et fila à toutes jambes, quittant la route, fuyant les 3 rescapés.
Harkin courut de longues minutes dans les bois. Apparemment, personne ne l’avait suivi. Ses poursuivants avaient problèmes du se jeter sur le cadavre de leur comparse. Le nain s’arrêta, s’appuya contre un tronc, et porta la main à sa tempe. Du sang. Ces brigands ne l’avaient pas loupé. Il vérifia sa sacoche. La lettre de la Croisade d’Argent était intacte, ou presque. Harkin tâtonna ensuite dans son manteau, avant d’en extirper des bandelettes de lins, et de s’en faire un pansement grossier. Ses mains tremblaient légèrement. Le froid, ou l’excitation ? La peur peut être ? Difficile à dire. Il reprit son souffle, puis sa marche à travers la forêt, butant contre les racines, effrayant les petits animaux des bois. Il avait toujours sa hache de lancer ensanglantée à la main, et était déterminé à s’en servir au besoin.
Une lumière attira son attention, à travers les arbres. Des feux. Un camp ! Non……Une garnison ! Harkin s’approcha à pas précautionneux. C’était un fort humain, sans aucun doute. Avec un peu de chance, peut être auraient-ils vu la monture d’Harkin... et il serait à l’abri de la pluie et des voleurs ! Il sortit du bois, emprunta le chemin, et, sous la pluie battante, tâcha d’apercevoir une sentinelle.