Le chevalier avait peur de dévoiler son passé. Il n'aimait pas ce qu'il avait été et encore moins ce qu'il était devenu. Mais il fallait s'y résigner, il entreprit donc de commencer son récit.
Je suis né par une nuit de pleine lune, une nuit pendant laquelle la lune elle-même semblait déployer un manteau proctecteur sur le monde, une nuit qui a eu lieu après la bataille du mont Hyjal, je suis donc né mortel. Mes parents me donnèrent le nom de Lunthiel.
J'ai grandi à Relfet de Lune, sous la protection du cercle cénarien. Mon père était un druide, ma mère aussi, il était donc déjà écrit que j'en devienne un. Très vite, on me confia à un maitre tauren chargé de m'enseigner les pouvoirs du druide, que j'appris peu à peu sans grandes difficultés.
Il s'apellait Runyok, je n'oublierais jamais le visage de tauren, ses yeux bleus, et les anneaux qu'il portait sur chaque corne.
Mais comme vous pouvez le voir je ne suis pas devenu ce que j'étais sensé devenir. Lors d'un voyage diplomatique du cercle cénarien à Darnassus, la capitale elfique subit une attaque de la horde. Une bataille a éclaté ce jour là, une bataille à laquelle je ne pouvais pas participer, je n'étais pas assez fort. Mais je n'avais que dix-neuf ans, et j'ai tenté de me lancer dans ce combat perdu d'avance. Runyok m'a protégé, et m'a rapidement mis à l'écart, je compris que je n'étais pas assez fort.
Mais, alors que j'étais caché dans une souche d'arbre, j'ai vu un orc lacérer la gorge de mon père et, de son autre main, celle de ma mère. Il était accompagné de deux trolls et d'un autre orc, mais j'ai foncé, je ne voulais pas les voir mourir. J'aurais du rester caché, quitte à les voir quitter ce monde sous mes yeux, car ce qui arriva fut le début de ma folie.
Les deux trolls m'immobilisèrent, l'orc qui tenait mes parents, inconscients car épuisés par leurs combat, me demanda pourquoi je voulais les sauver, dans un darnassien approximatif.
Je lui ai répondu que c'était mes parents. Il a alors ri à gorge déployée, puis en me tendant une lame il m'a dit :
" Ce sont tes parents ? bien, tu ne veux pas les voir souffrir alors ? prends ce glaive et tue-les, tue-les tant qu'ils sont encore dans le coma. fais-le, ou non seulement je t' oterai la vie, mais je m'assurerais de les remettre en bonne santé pour que leur mort soit longue et douloureuse, jusqu'a ce qu'ils te maudissent pour ne pas les avoir achevé lorsque tu le pouvais ! "
La lame tremblait dans mes mains. Je ne voulais pas les tuer, mais déjà le deuxième orc levait son énorme hache au dessus de ma tête, prêt à me broyer si je faisait pas couler le sang de mes géniteurs.
L'elfe baissa les yeux, il aurai aimé pleurer mais ses larmes ne formaient que du givre sous ses yeux.
Ce jour-là, au milieu des cris et des souffrances, mes parents sont morts de ma main. J'ai vu leur sang couler le long de la lame que je tenais, je me suis éffondré à terre, perdu entre le chagrin et l'effroi. L'orc continua :
" Ah ! C'était beau ça, retourne te cacher naobt, t'as gagné le droit de vivre ! "
J'ai lentement fait demi-tour, et en regardant ce liquide rouge qui avait coulé jusqu'a mes mains, j'ai pris conscience de ce pouvoir que je possédai. Ils m'avaient donné la vie, je la leur avait prise. Dieu peut nous créer, je peux détruire son oeuvre en un simple geste.
J'ai levé les yeux vers le ciel en esquissant un sourire, je me sentais puissant ! Je sentais que j'étais capable d'anéantir une vie, deux vies, des milliers de vie ! Je me sentais comme l'égal de Dieu !
Je me suis retourné, et j'ai foncé vers l'orc qui m'avait donné l'ordre de tuer mes parents, il ne s'y attendait sûrement pas, car à l'instant où il se retourna, ma lame lui déchira le visage. Une sensation immense de pouoir m'envahit. Oui, j'éprouvais du plaisir à tuer, chaque vie détruite me faisait me sentir plus puissant. Les trois compagnons de l'orc foncèrent sur moi, j'embrochai un des trolls, l'orc et le trolls qui restaient furent tués par Runyok qui terminait d'achever les derniers attaquants.
L'attaque de la horde avait été repoussée, et moi je riais en voyant ce sang sur mes mains. Runyok me demanda ce qui s'était passé, je le regardai droit dans les yeux, mon maitre druide, mon supérieur, l'él-ve peut-il dépasser le maitre ?
J'ai repris mon arme et je l'ai abbatue sur le tauren. Il ne comprit pas, mais réussi à esquiver l'attaque qui malgrès tout entailla sa chair et décrocha l'anneau qu'il portait sur la corne droite.
Morthiel retira son gant pour montrer le bracelet doré aux marques rougeâtres sur son poignet, on pouvait voir que le bacelat ne semblait pas avoir été concu pour un pognet et portait des marques de coups portés.
L'anneau est tombé, sans savoir pourquoi je l'ai ramassé et je me suis enfui. j'ai fui Darnassus. J'ai fui aussi loin que mes jambes ont pu me porter. Arrivé à la frontière entre sombrivage et Orneval, un marchand ambulant s'est arrêté pour me porter secours. J'étais épuisé, je l'ai regardé dans les yeux et ...
... je l'ai tué.
J'ai retrouvé cette sensation grisante qu'offrait le meutre, à chaque vie annihilée je devenais temporairement un dieu ! J'avais le pouvoir de décider si la vie méritait de continuer ou non !
J'aimais cette sensation. Par la suite, j'ai continué pendant six ans, pendant six ans j'ai erré entre kalimdor et les royaumes de l'est en tuant tous ceuw qui étaient assez faibles pour ne pas risquer de m'ôter la vie, il n'était pas question que quelqu'un use de mon pouvoir contre moi. Je me susi donc habillé et nourri en tuant et en récupérant de quoi vivre sur les cadavres de mes victimes.
Etais-je fou ? sans doute, seul le désir de tuer m'animait. Je cachais mon visage dans les grandes villes , par peur d'être reconnu, je continuais d'utiliser cette lame qui fut la première à m'offrir mon pouvoir.
Progressivement j'ai oublié les arts du druide, je me contentai d'égroger, d'éventrer. Etais-je un guerrier ? Peut-être, je ne saurais pas le dire.
Le chevalier hésita à continuer, mais au point où il en était autant aller jusqu'au bout.
Et puis il y a eu ce jour-là. Je voyagais dans un bateau entre cabestan et baie-du-butin,je me tenais calme durant la traversée, et j'eu une vision qui me terrifia. Une femme enceinte. Elle était en voyage de noce avec son mari, et elle était enceinte. Ma colère est montée d'un trait. Permettre ainsi aux mortels de créer la vie, c'est mon pouvoir que Dieu défiait ! Alors j'ai sorti mon épée et sans réfléchir, j'ai tué en même temps l'enfant et sa mère, en la plantant dans son ventre.
Ce fut la pagaille sur le bateau. Comprenant que je m'étais attiré des ennuis, j'ai tué tout ce qui bougeait, mais une bataille sur un bateau ne se termine jamais très bien. la coque fut percé par un gobelin qui, en mourant, voulut m'emporter avec lui. En plein milieu de l'océant, j'je suis resté accroché à un des débris flottants qui semblait se déplacer vers une terre proche.
Cette terre, c'était Norfendre, une norfendre encore vierge de toute occupation de la horde ou de l'alliance.
Lors de mon naufrage sur ces terres gelées, je fut assalli par le fléau, des morts-vivants assoifés par le vie me foncèrent dessus. Mais je refusai de mourir. Je me suis battu, mais chaque créature tuée semblait en faire venir deux autres. j'en ai abattu des dizaines, mais je n'avais pas la capacité de les tuer tous. Exténué, je me suis laissé tomber à terre en attendant la mort. Mais les créatures se sont arrêtées, et ce n'est pas la mort qui est venue, c'est lui.
Le Roi-liche, l'ancien prince de Lordaeron, est venu à moi, et m'a regardé en observant les cadavres des morts-vivants que j'aivais tué. Il m'a demandé :
"Pourquoi veut-tu rester en vie ?"
Je lui ai dit que je voulais tuer, tuer pour obtenir encore et encore plus de pouvoir.
"Je vais transmettre en toi ma haine, je vais faire de toi mon arme, ton désir de tuer sera à mon service. En échange, je te donnerai un pouvoir immense, qui te permettra de tuer autant de personnes que tu voudras."
Et il a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Je me susi laissé contrôler par le fléau.
Et il y a peu de temps de cela, le Roi-liche lanca une offensive majeure sur les malterres, j'ai été avec lui lors du départ de la nécropole pour les royaumes de l'est, où il a enrôlé malgrès eux d'autres serviteurs.
....Et il y a eu cette bataille...
Durant cette bataille qui opposa le fléau à l'Aube d'argent, Je fus mis à terre par un groupe de paladins. je perdis connaissance.
Je ne sais pas comment nous avons été libérés, mais quand je me suis réveillé, Arthas n'avait plus le contrôle sur moi.
L'elfe regarda la connétable dans les yeux.
Maintenant, vous désirez sans doute savoir pourquoi je souhaite libérer Lordaeron ?
[Candidature acceptée] Morthiel
Morthiel considéra l'expression de la femme assise devant lui. Elle semblait encore en train de réfléchir. Soit, alors autant finir.
Après avoir repris connaissance, j'avais perdu la mémoire. Une amnésie qui ne fut que passagère car mes souvenirs me revinrent pendant la semaine qui suivit mon réveil, alors que j'errais dans les malterres. Ils me revinrent trop vite d'ailleurs, je revis dans ma mémoire les visages de toutes ces personnes faibles que j'avais tué par exès de folie, l'un après l'autre ils s'imposaient dans mon esprit, me torturant.
Car, ironie du sort, la disparition de l'emprise du fléau avait ramené mon esprit à un stade neutre, me libérant ainsi de ma folie meurtrière.
Honteux de mon passé, j'ai choisi de changer mon nom, je n'étais plus digne de porter le nom ce la lune bienfaisante.
j'ai continué d'errer longtemps dans les malterres. Le hasard voulu que je rencontre deux paladins de l'Aube d'argent qui discutaient ensemble. Il fallait que je sache, il fallait absolument que je sache ce qui avait changé en moi. Alors sans réfléchir, je me suis jeté sur l'un d'entre eux et je l'ai tué. Je me suis rendu compte que j'étais toujours capable de tuer sans le moindre sentiment de pitié ou de regret, mais la sensation grisante de puissance que j'avais ressenti par le passé avait disparu. Un meutre fade, vide.
L'autre paladin a tenté de me tuer. Ne sachant pas comment réagir, je n'ai fait que me défendre, m'interdisant de lui donner des coups. Il s'en est rapidement rendu compte et a cessé son attaque. Calmement, il a commencé à me parler :
" -Pourquoi l-as tu tué ?
- Pour être puissant. Pour ressentir encore cette grandeur qu'on a lorsque on sait qu'on a le pouvoir d'ôter la vie au même titre que Dieu la donne.
- En voilà une idée étrange. Dieu, si il existe, ce que nous ne saurons peut-être jamais, nous regarde et parfois nous punit ou nous récompense pour nos actes, mais le pouvoir de créer ou de détruire la vie n'appartient qu'aux mortels.
- Quoi ?
- Deux personnes peuvent choisir d'avoir un enfant sans le demander à Dieu, tout comme n'importe qui peut tuer, alors cette puissance que tu crois avoir en tuant, elle ne te donne rien de plus, tu reste l'égal des autres mortels.
-Pourtant j'ai ressenti un plaisir immense à tuer des dizaines de personnes durant ma vie, ma seule vie a suffit à en détruire plein, ne suis-je donc pas supérieur.
-Non, tu es juste un assassin, une personne qui a choisit d'abuser du pouvoir qu'il possédait sans aucune raison. Pire, en t'emplissant de se plaisir, tu as probablement provoqué un immense chagrin chez d'autres personnes.
-Que veux-tu dire ?
-Je ne tuerais pas, je ne crois pas être assez puissant, mais tu vas me suivre et m'indiquer toutes les zones où tu as ôté la vie à d'innocentes personnes."
Si je me rapelle si bien de se dialogue, c'est parce qu'il correspond à la fin de mon illusion. Ma folie m'avait donné le pouvoir de n'importe qui sans regret, mais j'ai réalisé ce jour là qu'elle ne m'avait donné aucun pouvoir.
J'ai suivi le paladin, il s'apellait Gerÿn. Probablement l'humain le plus sage qu' il m'ai été donné de rencontrer. J'ai revisité toutes les régions ou j'avais commis des meurtres. Nous avons ensemble recherché et trouvé les familles et les amis de chacunes de mes victimes, prétendant juste les connaitre et être désolés d'apprendre leur mort.
Tant de veufs, de veuves, d'amis, d'orphelins ont défilé devant mes yeux. Ce n'est qu'a ce moment là que j'ai réalisé quel monstre j'étais.
Quand chaque proche de chaque victime avait été rencontré, nous nous trouvions devant Lordaeron. J'avais atteint la trentaine d'années, Nous avions passé six longues années à rencontrer mes pêchers d'autre fois. j'aurai voulu aider toutes ces personnes, mais je ne le pouvais pas : la puissance que croyais avoir eu s'était finalement termnée par un sentiment d'impuissance devant toute la souffrance que je voyais.
Devant Lordaeron, j'ai eu ma dernière conversation avec Gerÿn. Je lui ai dit :
" -Pourquoi as-tu gaspillé toutes ces années pour moi ?
-L'homme que tu as tué était le seul ami qu'il me restait, je vis à présent seul dans un monde vide. Longtemps j'ai pensé que la vengeance rétablissait l'équilibre, mais non. Alors plutot que de me vanger, j'ai choisit de tenter de te ramener dans le droit chemin. ai-je réussi ?
-Je ne sais pas.
-En tout cas tu n'es plus le tueur que t'ai vu être lors de notre rencontre.
-Je peux toujours tuer, sans le moindre regret.
-Mais tu ne cherches plus à le faire, ce n'est plus ton désir, et tu sais que tuer n'es pas honorable.
-Pourquoi m'as-tu amené ici ?
-Regarde cette cité.
-Tu m'as déjà parlé à plusieurs reprises de Lordaeron. Chaque année nous y sommes retourné à la même date, la date sa déchéance, et tu as déposé des fleurs dans les ruines.
-Exact, et je vais recommencer. Aujourd'hui nos chemins vont probablement se séparer, car je t'ai montré ce que tu avais à voir. Ma femme et ma fille vivaient à Lordaeron, ma vie là-bas a été un bonheur total, du début à la fin. Chaque fois que sonnaient les cloches, je pouvais voir mon épouse rire et ma fille danser. Je donnerai tout pour revoir, juste une fois, le bonheur s'épanouir dans cette cité, comme autrefois. Je voudrais juste la revoir briller. J'ai promis à me femme sur son lit de mort, quand la peste du fléau l'a emportée, peu après la déchéance de Lordaeron, que je reconquérirai cette cité, que je lui offrirai ce vraies funérailles dedans, et que je regarderai notre fille s'épanouir et vire en son sein.
-...
-Mais ma fille a été tuée par la guerre, je ne sais ni ou ni quand, j'ai appris sa mort par courrier. Je n'ai vécu alors que pour la promesse que j'avais fait à ma femme, et je n'ai pas été capable de la tenir. Le dernier ami qui me restait, qui avait grandi avec moi dans Lordaeron, m'a empêché de me donner la mort en fonçan tête baissée vers le fléau pour venger ma famille. Tu l'as tué, et c' est pour honorer son désir que j'ai préféré te conduire vers tes pêchés plutôt que mettre fin à ta vie. J'ai enterré moi-même ma femme et ma fille dans les ruines de notre ancienne cité, je vais encore une fois aller les voir et leur demander pardon."
Il est parti, j'ai attendu son retour devant l'entrée de la cité déchue. J'ai réfléchi à ma vie, et je me suis rendu compte que c'est grâce à cet homme que j'ai pu prendre consience de ce que j'avais fait, du monstre que j'avais été. Sans lui, je n'aurais probablement pas eu la moindre chance de rédemption. Je lui devais tout.
Une trentaine de minutes passa, il n'était toujours pas revenu. Je suis entré dans les ruines et, les fleurs dans la main j'ai vu son corps mourant ramper à terre. Je me précipitai, regardant de tous les côtés qui avait pu le tuer. Je me suis penché sur lui, lui demandant :
"- Qui t'as fais ça ? Ou es-t-il ?
- A quoi bon le savoir ? Je n'avais plus grand chose à faire de ma vie. Si je te dis ce qui s'est passé, tu voudras poursuivre l'assassin et tu commetra l'erreur que j'ai failli commetre avec toi. Non. Je vais rejoindre ma femme et ma fille, et m'excuser une nouvelle fois de n'avoir pu tenir ma promesse. Je vais te demander une faveur : continue de vivre, deviens ce que tu voudras être, je t'ai donné tout ce que j'ai pu te donner."
Il rendit son dernier souffle. j'aurais voulu pleurer, mais mes larmes givraient d'elles-même. Un nuit de pleine lune, une fois encore. Peut-être ne m'avait -elle pas abandonné, la lune ? Le fait est que depuis de jour je m'apelle Morthiel Lunegivre.
Je me suis penché sur son corps, je refusai de le voir mourir. Mon désir de le voir vivre c'est changé en colère, une colère qui a animé son corps. celui-ci s'est déformé, a formé tant bien que mal une créature capable de bouger. Une goule, une goule se tenait devant moi.
"Tu m'as tout donné, Gerwÿn, je ne serai rien sans toi. Aujourd'hui je me retrouve sans but mais j'ai une dette envers toi, une dette immense. regarde moi bien depuis l'Au delà : a travers moi, tu tiendras la promesse que tu as fait à ta famille. j'accomplirai ton rêve, puisque tu l'as sacrifié pour me ramener dans le droit chemin. Ton corps m'accompagnera jusqu'a ce que je puisse l'enterrer au côtés de ceuxde ta femme et de ta fille lors de vraies funérailles. Lors d'une joournée ensoleillée à Lordearon, où les cloches sonneront comme tu les a connues."
Morthiel regarda la connétable droit dans les yeux.
Dame Aurys, juste au dehors ce trouve une créature immonde qui m'accompagnera jusque à la reconquète de Lordaeron, le corps meurtri de Gerwÿn. Vous savez maintenant pourquoi j'ai le même objectif que l'Ost pourpre. Vous savez maintenant pourquoi je souhaite me battre à vos côtés, vous et tous ceux qui pensent que la vie doit revenir au nord des royaumes de l' Est.
Après avoir repris connaissance, j'avais perdu la mémoire. Une amnésie qui ne fut que passagère car mes souvenirs me revinrent pendant la semaine qui suivit mon réveil, alors que j'errais dans les malterres. Ils me revinrent trop vite d'ailleurs, je revis dans ma mémoire les visages de toutes ces personnes faibles que j'avais tué par exès de folie, l'un après l'autre ils s'imposaient dans mon esprit, me torturant.
Car, ironie du sort, la disparition de l'emprise du fléau avait ramené mon esprit à un stade neutre, me libérant ainsi de ma folie meurtrière.
Honteux de mon passé, j'ai choisi de changer mon nom, je n'étais plus digne de porter le nom ce la lune bienfaisante.
j'ai continué d'errer longtemps dans les malterres. Le hasard voulu que je rencontre deux paladins de l'Aube d'argent qui discutaient ensemble. Il fallait que je sache, il fallait absolument que je sache ce qui avait changé en moi. Alors sans réfléchir, je me suis jeté sur l'un d'entre eux et je l'ai tué. Je me suis rendu compte que j'étais toujours capable de tuer sans le moindre sentiment de pitié ou de regret, mais la sensation grisante de puissance que j'avais ressenti par le passé avait disparu. Un meutre fade, vide.
L'autre paladin a tenté de me tuer. Ne sachant pas comment réagir, je n'ai fait que me défendre, m'interdisant de lui donner des coups. Il s'en est rapidement rendu compte et a cessé son attaque. Calmement, il a commencé à me parler :
" -Pourquoi l-as tu tué ?
- Pour être puissant. Pour ressentir encore cette grandeur qu'on a lorsque on sait qu'on a le pouvoir d'ôter la vie au même titre que Dieu la donne.
- En voilà une idée étrange. Dieu, si il existe, ce que nous ne saurons peut-être jamais, nous regarde et parfois nous punit ou nous récompense pour nos actes, mais le pouvoir de créer ou de détruire la vie n'appartient qu'aux mortels.
- Quoi ?
- Deux personnes peuvent choisir d'avoir un enfant sans le demander à Dieu, tout comme n'importe qui peut tuer, alors cette puissance que tu crois avoir en tuant, elle ne te donne rien de plus, tu reste l'égal des autres mortels.
-Pourtant j'ai ressenti un plaisir immense à tuer des dizaines de personnes durant ma vie, ma seule vie a suffit à en détruire plein, ne suis-je donc pas supérieur.
-Non, tu es juste un assassin, une personne qui a choisit d'abuser du pouvoir qu'il possédait sans aucune raison. Pire, en t'emplissant de se plaisir, tu as probablement provoqué un immense chagrin chez d'autres personnes.
-Que veux-tu dire ?
-Je ne tuerais pas, je ne crois pas être assez puissant, mais tu vas me suivre et m'indiquer toutes les zones où tu as ôté la vie à d'innocentes personnes."
Si je me rapelle si bien de se dialogue, c'est parce qu'il correspond à la fin de mon illusion. Ma folie m'avait donné le pouvoir de n'importe qui sans regret, mais j'ai réalisé ce jour là qu'elle ne m'avait donné aucun pouvoir.
J'ai suivi le paladin, il s'apellait Gerÿn. Probablement l'humain le plus sage qu' il m'ai été donné de rencontrer. J'ai revisité toutes les régions ou j'avais commis des meurtres. Nous avons ensemble recherché et trouvé les familles et les amis de chacunes de mes victimes, prétendant juste les connaitre et être désolés d'apprendre leur mort.
Tant de veufs, de veuves, d'amis, d'orphelins ont défilé devant mes yeux. Ce n'est qu'a ce moment là que j'ai réalisé quel monstre j'étais.
Quand chaque proche de chaque victime avait été rencontré, nous nous trouvions devant Lordaeron. J'avais atteint la trentaine d'années, Nous avions passé six longues années à rencontrer mes pêchers d'autre fois. j'aurai voulu aider toutes ces personnes, mais je ne le pouvais pas : la puissance que croyais avoir eu s'était finalement termnée par un sentiment d'impuissance devant toute la souffrance que je voyais.
Devant Lordaeron, j'ai eu ma dernière conversation avec Gerÿn. Je lui ai dit :
" -Pourquoi as-tu gaspillé toutes ces années pour moi ?
-L'homme que tu as tué était le seul ami qu'il me restait, je vis à présent seul dans un monde vide. Longtemps j'ai pensé que la vengeance rétablissait l'équilibre, mais non. Alors plutot que de me vanger, j'ai choisit de tenter de te ramener dans le droit chemin. ai-je réussi ?
-Je ne sais pas.
-En tout cas tu n'es plus le tueur que t'ai vu être lors de notre rencontre.
-Je peux toujours tuer, sans le moindre regret.
-Mais tu ne cherches plus à le faire, ce n'est plus ton désir, et tu sais que tuer n'es pas honorable.
-Pourquoi m'as-tu amené ici ?
-Regarde cette cité.
-Tu m'as déjà parlé à plusieurs reprises de Lordaeron. Chaque année nous y sommes retourné à la même date, la date sa déchéance, et tu as déposé des fleurs dans les ruines.
-Exact, et je vais recommencer. Aujourd'hui nos chemins vont probablement se séparer, car je t'ai montré ce que tu avais à voir. Ma femme et ma fille vivaient à Lordaeron, ma vie là-bas a été un bonheur total, du début à la fin. Chaque fois que sonnaient les cloches, je pouvais voir mon épouse rire et ma fille danser. Je donnerai tout pour revoir, juste une fois, le bonheur s'épanouir dans cette cité, comme autrefois. Je voudrais juste la revoir briller. J'ai promis à me femme sur son lit de mort, quand la peste du fléau l'a emportée, peu après la déchéance de Lordaeron, que je reconquérirai cette cité, que je lui offrirai ce vraies funérailles dedans, et que je regarderai notre fille s'épanouir et vire en son sein.
-...
-Mais ma fille a été tuée par la guerre, je ne sais ni ou ni quand, j'ai appris sa mort par courrier. Je n'ai vécu alors que pour la promesse que j'avais fait à ma femme, et je n'ai pas été capable de la tenir. Le dernier ami qui me restait, qui avait grandi avec moi dans Lordaeron, m'a empêché de me donner la mort en fonçan tête baissée vers le fléau pour venger ma famille. Tu l'as tué, et c' est pour honorer son désir que j'ai préféré te conduire vers tes pêchés plutôt que mettre fin à ta vie. J'ai enterré moi-même ma femme et ma fille dans les ruines de notre ancienne cité, je vais encore une fois aller les voir et leur demander pardon."
Il est parti, j'ai attendu son retour devant l'entrée de la cité déchue. J'ai réfléchi à ma vie, et je me suis rendu compte que c'est grâce à cet homme que j'ai pu prendre consience de ce que j'avais fait, du monstre que j'avais été. Sans lui, je n'aurais probablement pas eu la moindre chance de rédemption. Je lui devais tout.
Une trentaine de minutes passa, il n'était toujours pas revenu. Je suis entré dans les ruines et, les fleurs dans la main j'ai vu son corps mourant ramper à terre. Je me précipitai, regardant de tous les côtés qui avait pu le tuer. Je me suis penché sur lui, lui demandant :
"- Qui t'as fais ça ? Ou es-t-il ?
- A quoi bon le savoir ? Je n'avais plus grand chose à faire de ma vie. Si je te dis ce qui s'est passé, tu voudras poursuivre l'assassin et tu commetra l'erreur que j'ai failli commetre avec toi. Non. Je vais rejoindre ma femme et ma fille, et m'excuser une nouvelle fois de n'avoir pu tenir ma promesse. Je vais te demander une faveur : continue de vivre, deviens ce que tu voudras être, je t'ai donné tout ce que j'ai pu te donner."
Il rendit son dernier souffle. j'aurais voulu pleurer, mais mes larmes givraient d'elles-même. Un nuit de pleine lune, une fois encore. Peut-être ne m'avait -elle pas abandonné, la lune ? Le fait est que depuis de jour je m'apelle Morthiel Lunegivre.
Je me suis penché sur son corps, je refusai de le voir mourir. Mon désir de le voir vivre c'est changé en colère, une colère qui a animé son corps. celui-ci s'est déformé, a formé tant bien que mal une créature capable de bouger. Une goule, une goule se tenait devant moi.
"Tu m'as tout donné, Gerwÿn, je ne serai rien sans toi. Aujourd'hui je me retrouve sans but mais j'ai une dette envers toi, une dette immense. regarde moi bien depuis l'Au delà : a travers moi, tu tiendras la promesse que tu as fait à ta famille. j'accomplirai ton rêve, puisque tu l'as sacrifié pour me ramener dans le droit chemin. Ton corps m'accompagnera jusqu'a ce que je puisse l'enterrer au côtés de ceuxde ta femme et de ta fille lors de vraies funérailles. Lors d'une joournée ensoleillée à Lordearon, où les cloches sonneront comme tu les a connues."
Morthiel regarda la connétable droit dans les yeux.
Dame Aurys, juste au dehors ce trouve une créature immonde qui m'accompagnera jusque à la reconquète de Lordaeron, le corps meurtri de Gerwÿn. Vous savez maintenant pourquoi j'ai le même objectif que l'Ost pourpre. Vous savez maintenant pourquoi je souhaite me battre à vos côtés, vous et tous ceux qui pensent que la vie doit revenir au nord des royaumes de l' Est.
Le verre d'Aurys était toujours dans sa main, mais son contenu n'avait pas bougé. Goutant chaque parole de l'elfe, s'imprégnant de chacune de ces tragédies comme autant de gorgées d'un sombre alcool, elle attendit patiemment que le flot de ses mots s'interrompe, puis porta un regard maussade sur le portrait géant qui trônait derrière elle et qui représentait deux jeunes enfants souriant.
A croire que le Roi-Liche attire toutes les dépravations du monde, même s'il est loin d'en être la seule source, frémit-elle avant de se retourner vers l'elfe. Votre histoire est en tous points tragique, messire, et je suis moi-même prête à en croire l'essentiel. Toutefois, comprenez que je doive m'assurer de quelques précautions avant de vous accepter parmi nous. Le chef de mes services de renseignement réunira quelques informations complémentaires à votre égard, tandis que mes officiers se prononceront sur votre candidature.
A croire que le Roi-Liche attire toutes les dépravations du monde, même s'il est loin d'en être la seule source, frémit-elle avant de se retourner vers l'elfe. Votre histoire est en tous points tragique, messire, et je suis moi-même prête à en croire l'essentiel. Toutefois, comprenez que je doive m'assurer de quelques précautions avant de vous accepter parmi nous. Le chef de mes services de renseignement réunira quelques informations complémentaires à votre égard, tandis que mes officiers se prononceront sur votre candidature.
L'elfe était heureux que l'humaine l'ai cru. Il ne voulait pas passer pour un pauvre bougre victime de toutes les tragédies du monde, car au final c'est lui qui avait été le plus monstreux dans cette histoire.
Le Roi-liche... en fin de compte, peut-êtr que si il ne m'avait pas trouvé je serai resté ce fou meurtrier jusqu'a la fin... l'ironie du sort parfois...
Faites sur moi toutes les recherches qu'il vous plaira de faire, je n'ai rien de plus à vous cacher. Je suppose qu'il ne me reste plus qu'a prendre congé en attente d'une réponse dans ce cas.
Morthiel se leva et salua la connétable avec respect.
Au revoir Dame Aurys, j'espère vous revoir bientôt.
L'elfe quitta la pièce, en jetant au passage un regard au tableau en se demandant ce qu'il signifiait.
Au dehors, la nuit avait totalement passé son long manteau sur la forêt. Il récupéra son armure et son arme auprès de la goule, la désanima et entreprit de la démonter pour soignement ranger les os et les chairs à présent sans vie dans un sac spécialement prévu à cet effet. Non, il ne se séparerait jamais de ce corps, pas avant d'avoir atteint son objectif.
Tranquillement, il s'en alla vers hurlevent en quête d'une auberge encore ouverte pour y passer le reste de la nuit.
J'ai fait de mon mieux, reste a espérer que le sort tournera en ma faveur, cette fois-ci...
Le Roi-liche... en fin de compte, peut-êtr que si il ne m'avait pas trouvé je serai resté ce fou meurtrier jusqu'a la fin... l'ironie du sort parfois...
Faites sur moi toutes les recherches qu'il vous plaira de faire, je n'ai rien de plus à vous cacher. Je suppose qu'il ne me reste plus qu'a prendre congé en attente d'une réponse dans ce cas.
Morthiel se leva et salua la connétable avec respect.
Au revoir Dame Aurys, j'espère vous revoir bientôt.
L'elfe quitta la pièce, en jetant au passage un regard au tableau en se demandant ce qu'il signifiait.
Au dehors, la nuit avait totalement passé son long manteau sur la forêt. Il récupéra son armure et son arme auprès de la goule, la désanima et entreprit de la démonter pour soignement ranger les os et les chairs à présent sans vie dans un sac spécialement prévu à cet effet. Non, il ne se séparerait jamais de ce corps, pas avant d'avoir atteint son objectif.
Tranquillement, il s'en alla vers hurlevent en quête d'une auberge encore ouverte pour y passer le reste de la nuit.
J'ai fait de mon mieux, reste a espérer que le sort tournera en ma faveur, cette fois-ci...
